pyjama friends série

Simple avec les simples elle attise, d’autre part, la double jalousie féminine professionnelle qui, chez la lauréate des jeux floraux, est devenue haine implacable depuis que, sans crier gare, la populiste s’est mise à versifier. Il le niait si peu que, même brouillé avec lui, il disait sincèrement à des parents : « Vous pouvez lui confier votre fils, il ne peut avoir sur lui que la meilleure influence. » Et pensant probablement qu’on pouvait avoir un doute sur l’intérêt que pouvaient présenter pour le gouvernement allemand les rapports les plus circonstanciés sur l’organisation du petit clan, Mme Verdurin, d’un air doux et perspicace, en personne qui sait que la valeur de ce qu’elle dit ne paraîtra que plus précieuse si elle n’enfle pas la voix pour le dire : « Je vous dirai que dès le premier jour j’ai dit à mon mari : Ça ne me va pas, la façon dont cet homme s’est introduit chez moi. « Il ne voit personne, personne ne le reçoit », disait-elle à M. Bontemps, qu’elle persuadait aisément. D’ailleurs – et ceci s’adressait plutôt au monde politique, qui était moins informé – elle le représentait comme aussi « toc », range pyjama aussi « à côté » comme situation mondaine que comme valeur intellectuelle.

La situation de M. de Charlus avait changé. La mauvaise réputation, maintenant connue, de M. de Charlus faisait croire aux gens peu renseignés que c’était pour cela que ne le fréquentaient point les gens que de son propre chef il refusait de fréquenter. » Pour la première des accusations dirigées contre le baron de Charlus, celle d’être passé de mode, les gens du monde ne donnaient que trop aisément raison à Mme Verdurin. M. de Charlus était arrivé aussi loin qu’il était possible de soi-même, ou plutôt il était lui-même si parfaitement masqué par ce qu’il était devenu et qui n’appartenait pas à lui seul, mais à beaucoup d’autres invertis, qu’à la première minute je l’avais pris pour un autre d’entre eux, derrière ces zouaves, en plein boulevard, pour un autre d’entre eux qui n’était pas M. de Charlus, qui n’était pas un grand seigneur, qui n’était pas un homme d’imagination et d’esprit et qui n’avait pour toute ressemblance avec le baron que cet air commun à eux tous, et qui maintenant chez lui, au moins avant qu’on se fût appliqué à bien regarder, couvrait tout.

C’était le baron qu’on n’attendait pas avant une quinzaine. On y croit d’abord, puis on vient à la doctrine de l’invulnérabilité des fronts, puis à celle de la percée possible, mais dangereuse, de la nécessité de ne pas faire un pas en avant sans que l’objectif soit d’abord détruit (un journaliste péremptoire écrira que prétendre le contraire est la plus grande sottise qu’on puisse dire), puis, au contraire, à celle d’avancer avec une très faible préparation d’artillerie, puis on en vient à faire remonter l’invulnérabilité des fronts à la guerre de 1870 et à prétendre que c’est une idée fausse pour la guerre actuelle, donc une idée d’une vérité relative. Il n’est pas de plus belle, de plus intéressante profession que celle de journaliste ; il n’en est pas qui exige plus de don, de tact, et de vivacité. Et comme la guerre n’est pas finie, ces ruses-là se reproduiront encore et réussiront, car on ne perce rien à jour, ce qui a pris une fois a pris parce que c’était bon et prendra toujours. On le trouvait « avant-guerre », démodé, car ceux-là mêmes qui sont le plus incapables de juger les mérites sont ceux qui pour les classer adoptent le plus l’ordre de la mode ; ils n’ont pas épuisé, pas même effleuré les hommes de mérite qu’il y avait dans une génération, et maintenant il faut les condamner tous en bloc car voici l’étiquette d’une génération nouvelle, qu’on ne comprendra pas davantage.

Fausse dans la guerre actuelle à cause de l’accroissement des masses et du perfectionnement des engins (voir Bidou du 2 juillet 1918), accroissement qui d’abord avait fait croire que la prochaine guerre serait très courte, puis très longue, et enfin a fait croire de nouveau à la possibilité des décisions victorieuses. En tant que voyageuses, nous en avions déjà fait les frais lors de nos voyages. Devant le théâtre et la rue Molière, nous ne pûmes faire autrement que de parler de cet auteur, ce qui détourna la conversation. ». Maintenant qu’il a, dans son discours de réception du maréchal Pétain à l’Académie, donné la preuve d’un simple mais d’autant plus indéniable bon sens en félicitant le génial tacticien de n’avoir pas oublié l’usage des canons, au cours de la guerre européenne, comment croire que ce grand esprit s’obstinerait dans ses préjugés quant aux allées et venues des grandes dames et garderait un silence injustement dédaigneux, lui, le chantre de la jeune Parque, s’il voyait la marquise, la main dans la main du maître de l’opinion regagner sa tonnelle, cependant que les valets de pied, imperceptiblement, se sont mis à reprendre vie chacun devant son bosquet. « Je suis sûr, me dit-il, que dans tous les grands hôtels on a dû voir les juives américaines en chemise, serrant sur leur sein décati le collier de perles qui leur permettra d’épouser un duc décavé.